OpenAI passe à GPT-5.5 et lance GPT-Live
L'annonce brute de la semaine : GPT-5.5 est dispo dans la version 7.4.0 du SDK Node d'OpenAI. Pas de billet de blog fleuve, juste une release note et le modèle qui apparaît dans l'API. La mise à jour ajoute aussi des champs de métadonnées pour les outils associés, ce qui devrait faciliter le tracking côté tool calling. Détails dans le changelog v7.4.0.
Après GPT-5.6 la semaine dernière, on se retrouve donc avec un gpt-5.5 qui débarque en parallèle. Le nommage devient franchement pénible à suivre, mais bon, c'est OpenAI. À tester dès lundi pour voir si ça remplace vraiment vos appels GPT-5.6 sur certains cas d'usage ou si c'est un branche parallèle.
L'autre nouveauté, plus intéressante à mon goût : GPT-Live. C'est un modèle vocal sans tour, autrement dit vous parlez, il parle, sans le ping-pong classique question/réponse. L'architecture est décrite comme faible latence, et l'idée c'est de se rapprocher d'une vraie conversation humaine où on peut se couper, hésiter, reprendre.
Concrètement, ça ouvre la porte à des assistants vocaux qui ne donnent plus l'impression de parler à un talkie-walkie. Reste à voir la qualité en français et le prix au minute. Le billet officiel est ici.
Enfin, petite mise à jour au passage sur GPT-5.6 Sol dans ChatGPT : meilleure précision annoncée, et surtout l'accès gratuit est élargi avec des discussions illimitées sur GPT-5.6 Luna. Détails sur le blog OpenAI. C'est de l'itération produit, mais le passage à l'illimité pour les gratuits, ça sent la pression concurrentielle.
Anthropic : Inference hooks pour les boîtes parano (dans le bon sens)
La feature la plus intéressante côté Anthropic cette semaine, c'est les Inference hooks en beta pour les orgs Claude Enterprise. Le principe est simple et propre : chaque prompt envoyé à Claude peut être routé vers votre propre serveur de sécurité avant l'inférence. Vous approuvez, vous refusez, et Claude n'exécute que ce qui a passé le filtre.
Les requêtes sont signées côté Anthropic, la gestion des échecs est configurable (fail open ou fail closed, à vous de choisir), et chaque refus atterrit dans le flux d'activité de conformité. Ça marche sur claude.ai, Cowork et Claude Code.
Pour les équipes qui doivent justifier chaque appel LLM devant un DPO ou un RSSI nerveux, c'est exactement le genre de mécanisme qu'on réclame depuis un moment. Documentation dans les release notes API.
Côté Claude Code justement, la version 2.1.224 ajoute deux choses concrètes. D'abord, claude self-hosted-runner pour faire tourner l'agent dans votre propre environnement, utile quand vos secrets ne doivent pas transiter. Ensuite, un plugin d'archive qui permet d'installer des plugins depuis un simple zip via HTTPS, ce qui va faire plaisir aux équipes qui distribuent des outils internes. Il y a aussi un SendMessage amélioré pour la communication entre sessions. Le CHANGELOG détaille tout.
Autre point notable : Anthropic annonce avoir réduit de 85% les faux positifs sur les protections biologiques de Claude Fable 5. En clair, si vous bossez sur des tâches cliniques ou éducatives touchant à la biologie, vous ne serez plus rebasculé vers un modèle moins capable dès que vous prononcez le mot "protéine". Les garde-fous restent, mais ils arrêtent de crier au loup pour rien. Détails ici.
Enfin, petite dépréciation à noter : Claude Opus 4.1 est retiré dans la version 0.121.0 du SDK Python (et 0.116.0 côté TypeScript). Rien de surprenant vu qu'on est déjà à Opus 5 depuis la semaine dernière, mais pensez à migrer si vous traîniez encore. Voir la release.
Google glisse un modèle robotique dans le SDK
Chez Google, la semaine est plus discrète mais pas sans intérêt. Le SDK Python google-genai passe en version 2.17.0 et embarque Gemini Robotics ER 2 Preview. C'est la suite logique du push robotique amorcé en W31.
Deux ajouts techniques qui méritent qu'on s'y attarde. D'abord, un nouveau FinishReason nommé TOO_MANY_TOOL_CALLS, qui va enfin permettre de distinguer une boucle d'agent qui part en vrille d'une simple erreur générique. Ceux qui font du multi-tool calling savent à quel point c'était pénible à débugger avant.
Ensuite, un tableau d'erreurs au niveau supérieur dans la ressource Interaction, ce qui simplifie la remontée d'erreurs partielles dans une conversation multi-turn. Petits ajouts, mais qui montrent que le SDK mûrit. Release complète.
Ce qu'on retient
La tendance qui se dessine depuis quelques semaines se confirme : les fournisseurs arrêtent de se battre uniquement sur les benchmarks et commencent à outiller sérieusement le déploiement en entreprise. Les Inference hooks d'Anthropic, le self-hosted runner de Claude Code, la granularité des erreurs chez Google, tout ça vise le même public : les équipes qui doivent mettre du LLM en prod sans perdre le contrôle.
Et pendant ce temps, OpenAI continue de sortir des modèles à un rythme qui rend le versionnage incompréhensible. Vivement qu'ils simplifient la gamme, parce que là, entre 5.5, 5.6 Sol et 5.6 Luna, on ne sait plus quoi recommander à un client.